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Actualités | Les hommes infertiles sont plus susceptibles de présenter une dysfonction rénale
Actualités | Les hommes infertiles sont plus susceptibles de présenter une dysfonction rénale
Une étude récente publiée dans Scientific Reports révèle que les hommes infertiles sont plus susceptibles de présenter une dysfonction rénale. Elle a porté sur 11,602 participants, dont 5,494 hommes sans enfant et 6,108 pères. Les hommes sans enfant étaient plus susceptibles de présenter un faible débit de filtration glomérulaire estimé (<60 ml/min/1.73m²) et une protéinurie, indépendamment de l’âge, du statut socio-économique et des facteurs de risque rénal classiques comme l’hypertension, le diabète et la fonction métabolique.
Cette étude vient compléter un nombre croissant de données montrant que la fertilité masculine est associée au risque ou à la physiopathologie de plusieurs maladies chroniques non transmissibles. Les résultats suggèrent que les hommes dont la fertilité est réduite pourraient bénéficier d’une évaluation régulière de leur fonction rénale.
Effets non reproductifs de l’infertilité masculine
Dans de nombreuses cultures à travers le monde, l’infertilité a longtemps été considérée comme un mauvais présage, une malédiction ou une punition divine. Des recherches récentes suggèrent toutefois que les risques associés à l’infertilité masculine peuvent largement dépasser le cadre de la reproduction. Des études antérieures ont montré que les hommes infertiles sont plus susceptibles de développer une maladie ischémique et un diabète.
L’absence d’enfant chez l’homme, souvent utilisée comme indicateur indirect de l’infertilité masculine, est associée à des facteurs de risque cardiovasculaire, notamment l’hyperlipidémie, l’hyperglycémie et l’hypertension. Ces hommes sont également plus susceptibles de prendre des médicaments contre le syndrome métabolique et l’hypertension. Peu d’études ont toutefois étendu ces recherches à l’évaluation rénale. Cette étude visait à approfondir les travaux d’Eisenberg et coll., la seule étude antérieure à avoir exploré le lien entre infertilité masculine et maladie rénale.
Méthodes
Cette étude a évalué si l’absence d’enfant chez l’homme, utilisée comme indicateur indirect d’infertilité ou d’hypofertilité, était associée à une dysfonction rénale (DFGe<60 mL/min/1.73 m²) ou à une protéinurie. L’échantillon provenait du Malmö Preventive Project (MPP), une cohorte populationnelle longitudinale de longue durée créée dans les années 1970. Les données détaillées sur les taux de créatinine et les résultats des analyses de protéines urinaires ont permis de calculer le débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) et d’évaluer la protéinurie. Le MPP consignait également le statut de paternité des participants, répondant ainsi à un autre besoin de l’étude.
Résultats et conclusions
« Dans cette étude populationnelle, nous avons constaté que les hommes sans enfant étaient plus susceptibles que les pères de présenter des signes de dysfonction rénale, notamment un DFGe réduit et une protéinurie. L’association restait statistiquement significative après ajustement en fonction des comorbidités et des caractéristiques connues pour être associées à la dysfonction rénale. »
Parmi les 22,444 participants initialement identifiés dans la cohorte du MPP, 11,602 ont été retenus après exclusion des personnes dont les données étaient incomplètes ou âgées de plus de 45 ans. Parmi eux, 47.3% (5,494) étaient des hommes sans enfant. L’évaluation du DFGe a montré que les hommes sans enfant étaient plus susceptibles que les pères de présenter un DFGe<60 mL/min/1.73 m² (3.1% contre 2.3%). Les résultats concernant la protéinurie concordaient avec cette observation (7.1% chez les hommes sans enfant contre 4.9% chez les pères). Ces associations étaient significatives dans tous les modèles sauf un, y compris les modèles de régression logistique.
Ces résultats mettent en évidence un risque accru de maladie rénale chez les hommes sans enfant présentant une infertilité ou une hypofertilité et suggèrent de cibler cette population pour la surveillance de la fonction rénale, ce qui pourrait offrir aux cliniciens un nouvel outil de prise en charge des maladies rénales à l’avenir.
Source de l’article :
Informations recueillies en ligne