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Actualités | Pollution de l’air et infertilité masculine : les lésions des spermatozoïdes pourraient représenter plus de 50% de l’effet
Actualités | Pollution de l’air et infertilité masculine : les lésions des spermatozoïdes pourraient représenter plus de 50% de l’effet
Les taux d’infertilité masculine continuent d’augmenter dans le monde, et la pollution environnementale est considérée comme un facteur important. Une étude récente menée par des chercheurs chinois suggère que les lésions des spermatozoïdes causées par la pollution de l’air pourraient représenter plus de 50% de sa contribution à l’infertilité masculine. Cette étude montre comment la pollution de l’air peut accroître le risque d’infertilité en altérant la qualité du sperme.
Contexte et objectif
La pollution de l’air constitue un défi environnemental majeur pour la santé reproductive. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’infertilité touche 15% de la population mondiale, soit environ 60 à 80 millions de couples, les facteurs masculins étant en cause dans près de 40% à 70% des cas. Des études animales ont montré que des polluants tels que les particules fines (PM) et le dioxyde de soufre (SO2) peuvent altérer la qualité du sperme et la spermatogenèse. Les données chez l’humain sur la part de l’infertilité masculine attribuable aux lésions des spermatozoïdes liées à la pollution restent limitées.
Cette étude a donc évalué les effets de plusieurs polluants atmosphériques sur les paramètres spermatiques et leur contribution potentielle au risque d’infertilité masculine.
Plan de l’étude
Cette étude de cohorte prospective a inclus 3,940 hommes âgés de 22 à 49. Les participants ont été recrutés entre novembre 2018 et avril 2021 et ont fourni des échantillons de sperme lors de leur inclusion. Huit paramètres ont été analysés : le volume de l’éjaculat, la concentration et le nombre total de spermatozoïdes, la mobilité progressive, la mobilité totale, la vitalité, la morphologie et l’indice de tératozoospermie.
Pendant les 12 mois de suivi, les chercheurs ont évalué l’infertilité, définie comme l’absence de grossesse après 12 mois de rapports sexuels sans contraception.
Des algorithmes d’apprentissage automatique ont estimé l’exposition à plusieurs polluants et relié ces estimations aux données des participants. Les polluants comprenaient les PM2.5, les PM10, le dioxyde de soufre (SO2), le dioxyde d’azote (NO2), l’ozone (O3) et le monoxyde de carbone (CO).
Résultats et principales observations
Le SO2 et l’O3 présentaient des associations négatives significatives avec, respectivement, la morphologie et la mobilité des spermatozoïdes. L’effet du SO2 sur la morphologie s’étendait à toute la période de 90 jours de la spermatogenèse, tandis que l’O3 était associé à des modifications importantes de la mobilité progressive et de la vitalité tout au long du processus.
Les PM2.5, les PM10 et le NO2 étaient également associés à la morphologie des spermatozoïdes, tandis que l’O3 et le NO2 étaient associés à l’indice de tératozoospermie. Les effets des PM et du NO2 variaient selon le stade de la spermatogenèse, notamment aux stades spermatogonial et de développement de la mobilité.
Lorsque l’exposition à la pollution a été mise en relation avec le risque d’infertilité, les modifications de la morphologie des spermatozoïdes liées au SO2 augmentaient significativement le risque d’infertilité masculine. Ces modifications expliquaient environ 60% de l’effet total du SO2 sur l’infertilité.
Importance et perspectives
Cette étude est la première analyse systématique de l’effet de plusieurs polluants atmosphériques sur les paramètres spermatiques masculins selon différentes fenêtres d’exposition. Elle identifie le SO2 comme un polluant particulièrement préoccupant en raison de son association négative significative avec la morphologie des spermatozoïdes tout au long de la spermatogenèse. Les modifications morphologiques liées au SO2 pourraient contribuer de manière importante à l’infertilité masculine.
Toutefois, le caractère observationnel de l’étude ne permet pas d’établir un lien de causalité entre les polluants et les paramètres spermatiques. Tous les participants provenaient également d’un seul centre de recherche, ce qui peut limiter la représentativité. Des études plus vastes et plus diversifiées sont nécessaires pour confirmer ces résultats et évaluer les effets à long terme sur la santé reproductive masculine.
Conclusion
Les effets de la pollution de l’air sur la santé reproductive masculine méritent une attention particulière. Cette étude permet de mieux comprendre comment les polluants, notamment le SO2, peuvent altérer la morphologie et la mobilité des spermatozoïdes. Face à l’aggravation de la pollution atmosphérique dans le monde, des normes plus strictes sur la qualité de l’air et des mesures de protection pourraient contribuer à améliorer la santé reproductive masculine et à réduire le risque d’infertilité.
Source :
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