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Guide santé | Le foie est-il menacé ? Le SOPK peut favoriser silencieusement une stéatose hépatique
Guide santé | Le foie est-il menacé ? Le SOPK peut favoriser silencieusement une stéatose hépatique
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est souvent associé à des règles irrégulières, à l’infertilité, à l’acné et à une pilosité excessive. Mais ce trouble endocrinien, qui affecte la production d’hormones ovariennes, peut aussi endommager silencieusement le foie.
De plus en plus d’études montrent que les personnes atteintes de SOPK présentent un risque accru de maladie stéatosique du foie (SLD), anciennement appelée stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD). La nouvelle terminologie englobe plus précisément les affections causées par l’accumulation de graisse dans le foie, notamment la maladie stéatosique du foie associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD) et la maladie hépatique liée à l’alcool (ALD).
Pourquoi le SOPK peut-il affecter le foie ?
Le déséquilibre hormonal est au cœur de ce lien. Le SOPK peut augmenter le taux d’insuline. L’excès d’insuline perturbe non seulement la régulation de la glycémie, mais favorise aussi l’accumulation de graisse dans des organes tels que le foie.
Les personnes atteintes de SOPK présentent aussi souvent un taux élevé d’androgènes, comme la testostérone. Cela peut modifier la façon dont l’organisme métabolise le cholestérol et favoriser l’accumulation de graisse dans les cellules hépatiques. Les cellules graisseuses peuvent également grossir en cas de SOPK, comprimer les vaisseaux sanguins voisins et provoquer une hypoxie ainsi qu’une inflammation des tissus, ce qui sollicite davantage le foie.
Une étude a montré que les personnes atteintes de SOPK avaient quatre fois plus de risque de présenter une stéatose hépatique ; une autre a indiqué qu’environ 39% des personnes atteintes de SOPK présentaient également cette maladie.
Des facteurs de risque communs relient les deux affections
Le SOPK et la stéatose hépatique partagent plusieurs facteurs de risque :
Insulinorésistance : 50% à 80% des personnes présentant à la fois un SOPK et une stéatose hépatique sont insulinorésistantes, ce qui signifie que leur organisme répond moins efficacement à l’insuline.
Obésité : 40% à 80% des personnes atteintes de SOPK sont en surpoids ou obèses.
Hyperandrogénie : le déséquilibre hormonal affecte le métabolisme des graisses et du glucose.
Diabète de type 2 : il peut résulter de l’insulinorésistance.
Apnée du sommeil : la diminution de l’apport en oxygène et l’augmentation de l’inflammation peuvent accentuer l’accumulation de graisse dans le foie.
Une étude a montré que les personnes souffrant d’apnée du sommeil avaient 2.6 fois plus de risque de présenter une stéatose hépatique, tandis que les femmes atteintes à la fois de SOPK et d’apnée du sommeil avaient un risque multiplié par 7.6.
Comment prendre en charge ce problème chronique touchant le foie et les ovaires ?
Des changements du mode de vie peuvent améliorer considérablement les deux affections :
Alimentation : préserver la santé du foie et des ovaires
À réduire : aliments frits, viandes transformées, boissons sucrées et glucides raffinés.
À privilégier : aliments riches en acides gras oméga-3, comme le saumon et les noix, ainsi que l’huile d’olive, les céréales complètes, les légumes verts à feuilles et les fruits peu sucrés.
Bien s’hydrater : l’eau favorise le métabolisme et l’élimination des déchets.
Activité physique : au-delà de la perte de poids, elle favorise l’équilibre hormonal et réduit l’inflammation
Recommandations hebdomadaires :
150 à 300 minutes d’activité d’intensité modérée, comme la marche rapide, la natation ou le vélo ;
ou 75 à 150 minutes d’activité intense, comme la course à pied ou la danse aérobique ;
auxquelles s’ajoutent des exercices de renforcement musculaire adaptés.
Une réduction du poids corporel de 5% à 7% peut améliorer la stéatose hépatique. Une réduction de 10% peut même **faire régresser certaines lésions pathologiques de la stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH)**.
Gestion du stress : une question hormonale autant qu’émotionnelle
Les études montrent que le cortisol, une hormone du stress, est souvent élevé chez les personnes atteintes de SOPK, et davantage encore chez celles qui sont obèses. Le stress peut favoriser une alimentation déséquilibrée, une consommation excessive d’alcool, la sédentarité et un mauvais sommeil, qui sont aussi des facteurs de risque du SOPK et de la stéatose hépatique.
Moyens de réduire le stress :
Pratiquer le yoga, la méditation ou tenir un journal ;
Garder le contact avec ses proches ;
Consulter un professionnel si nécessaire.
Un meilleur sommeil contribue à la santé du foie
Essayez de dormir 7 à 9 heures par nuit afin de favoriser l’équilibre des hormones liées au stress, à l’appétit et au métabolisme.
Traitement médical : des médicaments peuvent être utiles si les changements du mode de vie ne suffisent pas
Les médecins peuvent recommander des médicaments tels que :
Metformine (Metformin) : réduit la glycémie, améliore la sensibilité à l’insuline et peut favoriser l’ovulation.
Agonistes des récepteurs du GLP-1, comme le sémaglutide : peuvent réduire l’appétit et le poids, améliorer le métabolisme et avoir des effets bénéfiques sur la stéatose hépatique.
Pioglitazone (Pioglitazone) : bien qu’elle ne soit pas spécifiquement approuvée par la FDA contre la stéatose hépatique, elle a permis de réduire la graisse hépatique chez des personnes diabétiques.
Certains compléments peuvent aussi être envisagés après une évaluation médicale :
Pour la stéatose hépatique : vitamine E, vitamine D, oméga-3 et polyphénols.
Pour le SOPK : inositol, acide folique, sélénium, calcium et cannelle.
Quand consulter un médecin ?
Faites rapidement un bilan médical si vous présentez :
Une prise de poids soudaine ;
Des règles irrégulières ou des saignements anormaux ;
Une pilosité excessive ou une acné sévère ;
Des ballonnements persistants ou des douleurs abdominales ;
Un manque d’énergie ou une fatigue fréquente ;
Une perte d’appétit ou des nausées ;
Une jaunisse, avec coloration jaune de la peau ou des yeux ;
Un gonflement des membres ou de l’abdomen ;
Un acanthosis nigricans ;
Des difficultés à obtenir une grossesse.
Conclusion : Les recherches mettent de plus en plus en évidence le lien entre le SOPK et la stéatose hépatique. Il ne s’agit pas simplement d’un trouble menstruel ou d’un problème hépatique isolé, mais d’une affection métabolique complexe. Modifier son alimentation, son activité physique, son sommeil et sa gestion du stress peut être bénéfique. Il est essentiel de suivre les recommandations médicales et de demander rapidement une évaluation et un traitement.
Source de l’article :
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