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Actualités | L’hyperthermie magnétique cible précisément les lésions d’endométriose : une avancée en nanotechnologie
Actualités | L’hyperthermie magnétique cible précisément les lésions d’endométriose : une avancée en nanotechnologie
Des scientifiques ont mis au point une nouvelle nanotechnologie capable de localiser et d’éliminer les lésions associées à l’endométriose. Menée par Oleh Taratula, de l’Oregon State University College of Pharmacy, et Ov Slayden, de l’Oregon National Primate Research Center de l’Oregon Health & Science University, cette recherche ouvre une nouvelle voie thérapeutique pour une maladie qui touche les femmes du monde entier.
Cette technologie utilise des nanoparticules magnétiques dont le diamètre ne mesure que quelques milliardièmes de mètre. Après injection intraveineuse, elles sont visibles à l’imagerie, notamment par IRM, et s’accumulent dans les lésions d’endométriose. Un champ magnétique alternatif externe les chauffe ensuite rapidement à plus de 49 °C, ce qui permet d’éliminer les lésions sans intervention chirurgicale.
Élimination précise des lésions d’endométriose sans chirurgie
L’endométriose est une maladie systémique dans laquelle du tissu semblable à l’endomètre se développe hors de l’utérus, notamment sur les ovaires, les trompes de Fallope et dans le pelvis, voire, dans de rares cas, au-delà de la cavité abdominale. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, environ 190 millions de femmes en âge de procréer sont touchées dans le monde ; 35% à 50% présentent des douleurs pelviennes ou une infertilité.
Il n’existe actuellement aucun traitement curatif. La chirurgie peut soulager temporairement les symptômes ou améliorer la fertilité, mais les lésions récidivent chez jusqu’à 50% des patientes. Plus d’un quart subissent au moins trois interventions, et leur répétition augmente considérablement le risque de complications.
Olena Taratula, de l’Oregon State University College of Pharmacy, a indiqué que, malgré son caractère bénin, l’endométriose pouvait parfois envahir des organes et engager le pronostic vital. Les médicaments antalgiques peuvent compromettre la fertilité, d’où la nécessité particulièrement urgente d’un traitement sûr, efficace et non chirurgical pour les patientes qui souhaitent concevoir.
Efficacité de chauffage multipliée par six et accumulation ciblée
Les nanoparticules magnétiques antérieures chauffaient peu efficacement et devaient être injectées directement dans les lésions, ce qui limitait leur utilisation contre une maladie systémique. L’équipe a mis au point des nanoparticules hexagonales d’oxyde de fer dont l’efficacité de chauffage dans un champ magnétique est six fois supérieure, levant ainsi un obstacle technique majeur.
Les chercheurs ont également recouvert les particules d’un peptide de ciblage qui se lie spécifiquement aux récepteurs présents sur les cellules d’endométriose, améliorant fortement leur localisation et leur accumulation dans les lésions.
Dans un modèle murin, les chercheurs ont implanté du tissu d’endométriose provenant de macaques. Une seule séance d’hyperthermie magnétique a permis d’éliminer efficacement les lésions.
En collaboration avec l’équipe de Khashayar Farsad, du Dotter Interventional Institute de l’Oregon Health & Science University, les chercheurs ont également confirmé que les nanoparticules pouvaient servir d’agent de contraste pour l’IRM. « Nous pouvons d’abord localiser les lésions par IRM, puis les chauffer avec précision », a déclaré Oleh Taratula.
Une collaboration interinstitutionnelle fait progresser la recherche sur la santé des femmes
Le projet a réuni des chercheurs de plusieurs établissements, notamment Youngrong Park, Abraham Moses, Peter Do et Ananiya Demessie du College of Pharmacy ; Cory Wyatt du département de radiologie diagnostique de l’OHSU ; Leonardo Campos et Younes Jahangiri du Dotter Institute ; ainsi que Hassan Albarqi de l’université de Najran, en Arabie saoudite.
Parinaz Ghanbari a créé l’illustration du projet présentant le parcours thérapeutique des nanoparticules. Le projet a été financé par les National Institutes of Health (NIH), l’Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development, le National Primate Research Center et l’Oregon State University College of Pharmacy.
« Cette recherche offre non seulement une nouvelle méthode de diagnostic par IRM, mais pourrait aussi permettre de traiter sans chirurgie et par la chaleur une maladie complexe qui, jusqu’ici, ne pouvait être traitée que chirurgicalement », ont déclaré les chercheurs.
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