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Actualité | Un faible taux de phosphate pourrait contribuer à l’infertilité masculine et ouvrir une nouvelle piste thérapeutique
Actualité | Un faible taux de phosphate pourrait contribuer à l’infertilité masculine et ouvrir une nouvelle piste thérapeutique
Dans de nombreux cas inexpliqués d’infertilité masculine, un minéral souvent négligé, le phosphate, pourrait jouer un rôle important.
Lors de la première réunion conjointe de cette année de la Société européenne d’endocrinologie pédiatrique (ESPE) et de la Société européenne d’endocrinologie (ESE), à La Haye, des chercheurs de l’hôpital Herlev et du Rigshospitalet, affiliés à l’Université de Copenhague, ont présenté une nouvelle étude montrant qu’un faible taux sanguin de phosphate était significativement associé à une diminution de la mobilité des spermatozoïdes.
Un faible taux de phosphate observé chez 36% des hommes infertiles, bien plus que dans la population générale
L’étude a analysé des échantillons de sang et de sperme de 1,242 hommes adultes danois ayant reçu un diagnostic d’infertilité. Une hypophosphatémie cliniquement significative a été constatée chez 36% d’entre eux, contre seulement 2–4% des hommes danois dans la population générale. Fait notable, les hommes présentant un taux de phosphate légèrement bas avaient une mobilité totale et progressive des spermatozoïdes nettement inférieure à celle des hommes dont le taux était normal.
« Pour la première fois, nous avons confirmé qu’un faible taux de phosphate est beaucoup plus fréquent chez les hommes infertiles que dans la population générale, explique le chercheur principal et endocrinologue, le Dr Sam Kafai Yahyavi. Cela pourrait signifier que le phosphate est important non seulement pour la santé osseuse, mais aussi qu’il intervient directement dans la fonction des spermatozoïdes et l’activité testiculaire. »
Le phosphate pourrait agir sur les hormones comme sur les spermatozoïdes
L’étude a également relevé un taux d’estradiol légèrement supérieur chez les hommes dont le taux de phosphate était bas, bien que ce lien soit encore à l’étude. Aucune association significative n’a été observée entre le phosphate et le nombre de spermatozoïdes, ce qui suggère que le phosphate pourrait influer davantage sur leur qualité que sur leur quantité.
« Bien que cette étude ne permette pas encore de prouver qu’un faible taux de phosphate cause directement l’infertilité, cette association biologique ouvre une nouvelle voie pour comprendre l’altération de la fertilité masculine », indique le Dr Yahyavi.
La concentration de phosphate dans le sperme est 20 fois plus élevée que dans le sang, un indice sur un mécanisme régulateur essentiel
Dans une étude parallèle, l’équipe a examiné plus en détail la répartition et le transport du phosphate dans l’appareil reproducteur masculin. Elle a constaté que la concentration de phosphate dans le sperme des hommes en bonne santé était plus de 20 fois supérieure à celle du sang. Cela suggère que l’appareil reproducteur pourrait réguler activement l’accumulation de phosphate par des mécanismes spécifiques qui soutiennent la fonction testiculaire et la production hormonale.
« C’est véritablement passionnant, déclare la doctorante Zhihui Cui. Nous recherchons les principaux facteurs qui régulent le transport du phosphate dans les testicules et étudions leur influence sur la fertilité masculine. »
Prochaine étape : un essai clinique d’intervention pourrait faire du phosphate une nouvelle stratégie thérapeutique
« Nous allons lancer un essai clinique d’intervention, annonce le Dr Yahyavi. En administrant un supplément de phosphate aux hommes, nous observerons ses effets sur la mobilité des spermatozoïdes, le taux de testostérone et la fertilité globale. Cette intervention pourrait concerner non seulement les hommes, mais aussi potentiellement les femmes. »
Alors que le nombre de spermatozoïdes dans le monde a diminué de moitié au cours des 50 dernières années et que 15% des couples hétérosexuels sont confrontés à l’infertilité, ce résultat pourrait offrir aux cliniciens une cible d’intervention simple et potentiellement efficace.
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