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À savoir | Hydramnios : un risque méconnu pendant la grossesse et sa prise en charge
À savoir | Hydramnios : un risque méconnu pendant la grossesse et sa prise en charge
L’hydramnios est une complication de la grossesse caractérisée par un volume anormalement élevé de liquide amniotique dans l’utérus. Il survient dans environ 1% à 2% des grossesses. Bien que les symptômes puissent être discrets, il peut entraîner des complications obstétricales et accroître le risque de malformations congénitales du fœtus.
Volume normal de liquide amniotique et définition de l’hydramnios
Lors d’une grossesse normale, la poche des eaux contient environ une demi-pinte à une pinte de liquide amniotique. L’hydramnios est diagnostiqué lorsque ce volume est nettement supérieur à la normale. Il peut être léger, modéré ou sévère. S’il apparaît tôt, le liquide peut s’accumuler rapidement et augmenter le risque de complications.
Causes
Les causes possibles comprennent des affections maternelles et des troubles du développement fœtal. Normalement, le fœtus produit du liquide par ses poumons et ses reins. En grandissant, il avale ce liquide, l’élimine dans ses urines, puis le placenta finit par l’évacuer. Ce processus est perturbé en cas d’hydramnios.
Les causes fréquentes comprennent :
Diabète gestationnel : un mauvais contrôle de la glycémie maternelle entraîne une production excessive d’urine fœtale et de liquide.
Infection pendant la grossesse : par exemple, le cytomégalovirus ou le parvovirus.
Troubles digestifs : notamment les malformations congénitales de l’appareil digestif.
Difficulté à avaler : elle peut être liée à des anomalies du système nerveux central du fœtus ou à des anomalies chromosomiques.
Insuffisance cardiaque : une altération de la fonction cardiaque du fœtus peut provoquer un excès de liquide.
Syndrome de Bartter : maladie génétique affectant le développement des reins du fœtus.
Syndrome transfuseur-transfusé : répartition inégale du liquide entre des jumeaux, l’un d’eux présentant un excès.
Dans environ 60% à 70% des cas, aucune cause n’est identifiable : on parle alors d’hydramnios idiopathique.
Diagnostic
Le diagnostic repose généralement sur une échographie réalisée lors du suivi prénatal habituel ou de l’exploration d’autres symptômes. Si l’utérus augmente soudainement de volume ou si les mouvements fœtaux semblent anormaux, le médecin peut vérifier spécifiquement le volume de liquide. L’échographie permet de le mesurer avec précision et de déterminer si une malformation congénitale peut en être responsable.
Symptômes
Les formes légères peuvent être asymptomatiques et n’être découvertes qu’au moment du diagnostic. Lorsque le volume de liquide augmente, les symptômes peuvent comprendre :
Gêne abdominale
Contractions prématurées
Augmentation marquée du volume de l’utérus
Essoufflement
Le liquide peut s’accumuler lentement ou soudainement ; une accumulation brutale s’accompagne généralement d’un gonflement anormal et rapide autour du fœtus.
Complications
Les formes sévères peuvent entraîner plusieurs complications obstétricales et accroître le risque de malformations congénitales du fœtus. Environ 20% des bébés issus de grossesses avec hydramnios peuvent présenter une affection congénitale, telle qu’une malformation cardiaque. Les autres complications comprennent :
Naissance prématurée
Position anormale du fœtus
Mort fœtale in utero
Décollement placentaire
Procidence du cordon ombilical
Rupture prématurée des membranes
Accouchement par césarienne
Hémorragie du post-partum due à un manque de tonicité du muscle utérin
Traitement
Le traitement dépend de la gravité. Les formes légères ne nécessitent généralement aucun traitement. Dans les formes plus sévères, la prise en charge est personnalisée. Le traitement d’une affection sous-jacente, comme le diabète gestationnel, permet souvent de contrôler l’excès de liquide.
Les traitements courants comprennent :
Médicaments : l’indométacine peut réduire la production d’urine fœtale et de liquide amniotique. Elle n’est pas recommandée après 31 semaines de grossesse.
Amniodrainage : l’excès de liquide est retiré par amniocentèse, parfois à plusieurs reprises pendant la grossesse.
Accouchement anticipé : selon l’état de la mère et du fœtus, un accouchement peut être envisagé tout en visant un terme aussi proche que possible de 39 à 40 semaines.
Échocardiographie fœtale : en raison du risque accru de malformations cardiaques du fœtus, cet examen peut servir à surveiller le développement du cœur.
Suivi de la grossesse
Après le diagnostic, suivez les recommandations médicales pour adapter le déroulement de la grossesse, notamment :
Commencer le congé maternité plus tôt afin de réduire les efforts physiques et le risque de complications.
Se préparer à une éventuelle naissance prématurée et disposer chez soi d’articles suffisants pour le nourrisson.
Discuter et préparer un projet d’accouchement, en particulier en cas de rupture prématurée des membranes.
Quand consulter
Contactez rapidement un médecin ou une sage-femme si un gonflement autour du fœtus apparaît soudainement, ou en cas d’antécédents familiaux de diabète gestationnel ou de troubles fœtaux. Une prise en charge et une communication rapides contribuent à protéger la santé de la mère et du fœtus.
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