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À savoir | Une étude conclut que la grossesse est sans danger pour les porteuses d’une mutation BRCA, sans risque accru de récidive du cancer du sein
À savoir | Une étude conclut que la grossesse est sans danger pour les porteuses d’une mutation BRCA, sans risque accru de récidive du cancer du sein
Une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association apporte des nouvelles encourageantes aux jeunes femmes ayant survécu à un cancer du sein. Elle conclut que les femmes porteuses de mutations BRCA peuvent être enceintes après un traitement contre le cancer du sein sans accroître leur risque de récidive. L’étude a porté sur près de 5,000 femmes et a constaté que 22% avaient été enceintes, la plupart après une conception naturelle. La majorité ne présentait aucun signe de récidive du cancer du sein après la grossesse.
Contexte de l’étude
Les mutations BRCA, en particulier les mutations BRCA1 et BRCA2, sont étroitement associées à une forte incidence du cancer du sein. Elles augmentent non seulement le risque de cancer, mais peuvent aussi affecter la fertilité féminine. La mise en place d’un conseil efficace en matière de fertilité, notamment sur les effets de la grossesse sur le risque de récidive du cancer du sein, demeure donc une préoccupation médicale importante. Les chercheurs ont constaté que de nombreuses femmes porteuses d’une mutation BRCA craignent de la transmettre à leurs enfants, tout en étant confrontées à une diminution de leur réserve ovarienne et à un risque de cancer de l’ovaire précoce. La période permettant une grossesse entre le traitement du cancer du sein et la chirurgie de réduction du risque est donc très courte.
Résultats de l’étude
L’étude a suivi 4,732 patientes âgées de moins de 40 ans atteintes d’un cancer du sein à un stade précoce, dont 659 ont été enceintes après le traitement. Les taux de récidive étaient presque identiques chez les femmes ayant été enceintes et celles qui ne l’avaient pas été, ce qui indique que la grossesse elle-même n’augmentait pas le risque de récidive. Cette analyse était également la plus vaste étude menée à ce jour sur la sécurité de la grossesse chez les porteuses d’une mutation BRCA.
Pendant l’étude, environ une femme sur cinq a été enceinte dans les 10 années suivant son diagnostic de cancer du sein. Le taux de grossesse ne reflète pas nécessairement la probabilité de concevoir, car le nombre de femmes qui essayaient activement d’être enceintes reste inconnu. Les femmes ayant été enceintes étaient toutefois généralement plus jeunes au moment du diagnostic, et leur âge médian à l’accouchement était d’environ 35 ans.
Les résultats ont aussi montré que les femmes enceintes ne présentaient pas davantage de complications de grossesse ou d’issues défavorables que celles qui ne l’étaient pas. Parmi les 659 femmes ayant été enceintes, 517 ont accouché et environ 10% des accouchements concernaient des jumeaux.
Grossesse et récidive du cancer du sein
Il convient de noter que 90% des patientes traitées pour un cancer du sein ont reçu une chimiothérapie. Compte tenu du lien entre chimiothérapie et infertilité, les résultats ont montré que les femmes ayant été enceintes présentaient à la fois une meilleure survie spécifique au cancer du sein et une meilleure survie globale. L’équipe de recherche a indiqué que les femmes qui deviennent enceintes ont généralement un meilleur pronostic, tandis que celles dont le cancer récidive peu après le diagnostic peuvent ne pas être en mesure de concevoir.
L’auteur principal, le Dr Matteo Lambertini, professeur associé d’oncologie à l’Université de Gênes en Italie, a déclaré : « Je ne pense pas que la grossesse elle-même ait un effet protecteur, mais il est clair qu’elle n’augmente pas le risque de récidive du cancer du sein. » Il a ajouté : « De nombreux oncologues conseillent encore aux patientes d’éviter une grossesse, car ils craignent qu’elle n’accroisse le risque de récidive, mais nos résultats montrent clairement que ce risque n’augmente pas. »
Mutations BRCA et conseil en fertilité
Les mutations BRCA sont associées non seulement à une forte incidence du cancer du sein, mais aussi à un risque accru de cancer de l’ovaire, souvent à un âge plus jeune. Les études montrent que les femmes porteuses de mutations BRCA présentent un risque de cancer du sein au cours de leur vie supérieur à celui de la population générale, particulièrement en cas de mutation BRCA2. Pour réduire le risque de cancer de l’ovaire, beaucoup choisissent une ablation préventive des ovaires et des trompes de Fallope.
Environ la moitié des femmes de l’étude ont subi cette chirurgie de réduction du risque, dont 43% de celles ayant été enceintes. L’étude a également mis en évidence des différences de risque de récidive entre les porteuses de mutations BRCA1 et BRCA2. Les porteuses de BRCA2 présentaient un taux de récidive plus élevé, et leurs cancers étaient plus souvent hormonosensibles, notamment aux œstrogènes. Toutefois, lorsque les chercheurs ont inclus dans l’analyse toutes les patientes atteintes d’un cancer du sein hormonosensible, ils n’ont constaté aucune augmentation globale du risque de récidive. Le conseil en fertilité doit donc être adapté au type de cancer propre à chaque femme.
Synthèse et recommandations
Bien que les porteuses d’une mutation BRCA2 puissent devoir faire preuve d’une plus grande prudence à l’égard de la grossesse dans certaines circonstances, le Dr Lambertini a souligné : « Cette étude montre que la grossesse est sans danger pour les femmes porteuses de mutations BRCA. Toutefois, il est conseillé aux porteuses d’une mutation BRCA2 atteintes d’un cancer du sein hormonosensible de terminer cinq années d’hormonothérapie, par exemple par tamoxifène, avant d’être enceintes afin de réduire le risque de récidive. »
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