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Actualités | Selon la science, un âge paternel avancé augmente le risque de mutations génétiques chez l’enfant
Actualités | Selon la science, un âge paternel avancé augmente le risque de mutations génétiques chez l’enfant
Les scientifiques ont largement étudié la relation entre l’âge des parents et la santé des enfants. Les recherches antérieures portaient surtout sur les effets d’un âge maternel avancé, comme les anomalies congénitales et les complications de la grossesse. Une étude récente publiée dans Fertility and Sterility suggère que l’augmentation de l’âge paternel peut aussi affecter la stabilité génétique des enfants et accroître le risque de certaines affections.
Âge paternel avancé et mutations génétiques
L’étude a montré que le nombre de mutations de novo (DNM) chez l’enfant augmente avec l’âge du père. Ces mutations sont associées à diverses maladies génétiques. En analysant les données de plusieurs familles par séquençage de l’exome entier (WES) et séquençage du génome entier (WGS), les chercheurs ont constaté que 80% des mutations de novo provenaient du père et augmentaient de façon linéaire avec son âge.
Les cellules germinales mâles, ou cellules souches spermatogoniales, se divisent et se répliquent continuellement tout au long de la vie, et des erreurs de réplication de l’ADN peuvent survenir à chaque division. Ces petites mutations n’entraînent généralement aucun symptôme immédiat chez le père, mais leur accumulation peut provoquer des maladies génétiques chez la génération suivante.
Comment les mutations génétiques affectent-elles la santé des enfants ?
Certaines affections liées aux mutations de novo, notamment l’autisme, la schizophrénie, le syndrome de Down et le syndrome de Marfan, étaient significativement associées à un âge paternel avancé. Le risque de complications de la grossesse, comme une naissance prématurée, un faible poids à la naissance et une souffrance fœtale, peut aussi augmenter avec l’âge du père.
Une analyse plus approfondie a montré que la plupart des mutations présentaient des « signatures mutationnelles » particulières, semblables aux mutations spontanées des cellules tumorales. Cela suggère que l’augmentation de l’âge paternel peut favoriser l’accumulation de certaines mutations et affecter la santé des enfants.
La « sélection égoïste », mécanisme des mutations dans les spermatozoïdes des hommes plus âgés
Outre les erreurs de réplication de l’ADN, l’étude décrit la **« sélection égoïste »**, susceptible d’accélérer l’accumulation de mutations dans les spermatozoïdes avec l’âge.
Dans ce processus, certaines mutations des cellules souches spermatogoniales (SSC) leur confèrent un avantage compétitif et permettent une prolifération plus rapide. À mesure que ces cellules mutées se multiplient avec l’âge, la proportion de spermatozoïdes porteurs de ces mutations augmente considérablement. Celles-ci peuvent ne pas affecter la santé du père, mais accroître chez l’enfant le risque de certaines maladies mendéliennes, notamment l’achondroplasie et le syndrome de Noonan.
Ce processus ressemble à l’expansion clonale des cellules tumorales, mais il se produit dans les cellules germinales et affecte donc la stabilité génétique de la génération suivante.
Effets à long terme de l’âge paternel sur la génération suivante
À l’échelle individuelle, l’effet d’un âge paternel avancé sur la santé des enfants reste faible. Du point de vue de la santé publique, toutefois, la tendance mondiale à une paternité plus tardive pourrait permettre aux effets cumulés des mutations génétiques d’influencer les générations futures.
L’équipe appelle à mieux prendre en compte l’âge paternel dans la planification familiale et à fournir davantage d’informations lors des consultations médicales et des décisions reproductives. D’autres recherches sont nécessaires pour évaluer les effets à long terme et élaborer des réponses adaptées en matière de santé publique.
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