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Actualités | Le SOPK (PCOS) pourrait affecter plus que la fertilité et être associé au risque de maladies infantiles
Actualité | Le SOPK pourrait affecter bien plus que la fertilité et être associé au risque de maladies infantiles
Une étude à long terme portant sur plus d’un million d’enfants au Québec, au Canada, a montré que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) chez la mère était associé à un risque significativement accru d’infections, d’allergies et de plusieurs affections pédiatriques avant l’âge de 13. Publiée dans Human Reproduction le 14 juillet 2022, elle figure parmi les études les plus vastes et les plus complètes sur le SOPK et la santé des enfants.
Dirigée par la Dre Nathalie Auger, professeure agrégée d’épidémiologie à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, l’équipe a analysé les données de santé de 1,038,375 enfants nés au Québec entre 2006 et 2020. Parmi eux, 7,160 avaient une mère atteinte du SOPK.
Les enfants de mères atteintes du SOPK étaient 32% plus susceptibles d’être hospitalisés pour des problèmes de santé. Le risque d’hospitalisation était supérieur de 31% pour les infections et de 47% pour les affections allergiques telles que l’asthme. Des augmentations significatives ont également été observées dans les catégories suivantes :
Troubles métaboliques : risque d’hospitalisation supérieur de 59%
Troubles digestifs : risque supérieur de 72%
Troubles du système nerveux central : risque supérieur de 74%
Affections de l’oreille : risque supérieur de 34%
Affections respiratoires telles que la pneumonie : risque supérieur de 32%
Troubles mentaux et du comportement : risque supérieur de 68%
L’étude n’a relevé aucune association entre le SOPK maternel et le risque de cancer chez l’enfant. Les différences entre garçons et filles n’étaient pas significatives, ce qui suggère que l’augmentation des risques concernait les enfants des deux sexes.
Le SOPK est un trouble ovarien courant qui touche environ 10% des femmes en âge de procréer. Il se caractérise notamment par des règles irrégulières, un taux élevé d’androgènes pouvant entraîner une pilosité excessive et de multiples follicules ovariens immatures. Le SOPK est souvent associé à l’obésité, au diabète de type 2 et aux maladies cardiovasculaires. Il peut aussi contribuer à l’infertilité, au diabète gestationnel, à l’hypertension gestationnelle et à l’accouchement prématuré. Ses effets à long terme sur la santé des enfants n’ont toutefois pas été étudiés de façon systématique.
La Dre Auger a déclaré : "Notre étude comble une lacune majeure dans la compréhension de la santé à long terme des enfants nés de mères atteintes du SOPK. Les médecins de premier recours et les obstétriciens devraient repérer les femmes atteintes du SOPK avant la conception et intervenir tôt, notamment par la gestion du poids et la prévention du diabète et des maladies cardiovasculaires. Les pédiatres et les médecins de famille pourraient aussi réduire le risque de maladie ultérieure en surveillant plus étroitement les enfants après la naissance."
L’étude étant observationnelle, elle ne pouvait pas démontrer que le SOPK causait directement des problèmes de santé chez les enfants. La Dre Auger a évoqué plusieurs mécanismes possibles. Les femmes atteintes du SOPK présentent souvent des taux élevés d’androgènes et une résistance à l’insuline, susceptibles d’altérer la fonction placentaire, de provoquer une inflammation des tissus membranaires et de dégrader l’environnement nutritionnel du fœtus. Cela pourrait affecter la fonction immunitaire fœtale et déclencher une légère inflammation systémique. Des facteurs génétiques et l’environnement intra-utérin pourraient également modifier l’expression des gènes et influencer la santé fœtale.
L’analyse a pris en compte les facteurs de confusion potentiels, notamment l’âge maternel, les antécédents médicaux, le tabagisme ou la consommation d’alcool, le recours à l’assistance médicale à la procréation, la prématurité, la grossesse multiple et le statut socio-économique. Ces variables n’expliquaient pas l’association significative entre le SOPK maternel et les maladies chez les enfants.
Les principaux atouts de l’étude étaient son vaste échantillon et l’analyse détaillée de nombreuses catégories de maladies, notamment les affections respiratoires, cardiovasculaires, métaboliques, digestives, génito-urinaires et musculosquelettiques, ainsi que celles du système nerveux central, de l’oreille et de l’œil, et les troubles mentaux et du comportement. Parmi ses limites figurait le recours à une base de données canadienne sur les hospitalisations, qui recense les cas plus graves nécessitant des soins hospitaliers, mais pas les affections légères non diagnostiquées chez les enfants ni les formes légères de SOPK chez les mères.
"Nous espérons ensuite étudier les résultats cliniques pendant la grossesse chez les mères atteintes du SOPK, ainsi que leur propre risque de maladie à long terme", a déclaré la Dre Auger. "Ces femmes peuvent être exposées à des maladies cardiovasculaires ou métaboliques à l’âge mûr, et nous avons un besoin urgent de données épidémiologiques supplémentaires pour guider leur prise en charge."
Elle a ajouté : "Des recherches supplémentaires sont nécessaires de toute urgence pour déterminer si une prise en charge efficace du SOPK maternel par l’exercice, l’alimentation ou les médicaments peut réduire le risque de maladie et améliorer la santé à long terme des enfants."
Source de l’article :
Compilation en ligne