Actualité | Inquiétudes sur les plastifiants : une étude révèle les risques potentiels des produits chimiques courants pour le développement sexuel des enfants



Actualité | Inquiétudes sur les plastifiants : une étude révèle les risques potentiels des produits chimiques courants pour le développement sexuel des enfants


Les jouets, produits ménagers, produits d’hygiène et emballages alimentaires auxquels les enfants sont exposés chaque jour pourraient discrètement affecter leur développement sexuel. Une nouvelle étude de l’Université de Modène et de Reggio d’Émilie, en Italie, suggère qu’une forte exposition à des plastifiants appelés phtalates pourrait entraîner des anomalies du développement reproductif avant l’âge de trois ans et même affecter la fertilité future.


Le principal résultat de l’étude est que les garçons de trois ans dont la mère présentait des concentrations plus élevées de plastifiants avaient une distance anogénitale (DAG) significativement plus courte. Chez les filles, une DAG plus courte était associée à leur propre exposition aux plastifiants : plus l’exposition était élevée, plus la distance était courte.


La DAG, distance entre l’anus et les organes génitaux, est devenue un indicateur largement utilisé du développement sexuel. Elle est étroitement associée aux taux d’androgènes fœtaux, ainsi qu’à la qualité du sperme, à la fertilité et au risque de troubles endocriniens connexes à l’âge adulte.


Matériel Petal_colorants polymères, granulés de plastique, pigments en granulés_144051248.jpg


Plastifiants : des perturbateurs endocriniens cachés dans les produits du quotidien

Les plastifiants sont des substances chimiques couramment utilisées pour assouplir les plastiques. On les trouve largement dans les emballages alimentaires, les jouets pour enfants, les cosmétiques, les shampooings et les produits ménagers. Bien que certains plastifiants à haut risque aient été progressivement restreints, plusieurs produits de substitution moins strictement réglementés sont encore présents à des concentrations élevées dans l’organisme.


L’équipe a suivi 188 binômes mère-enfant, en recueillant des échantillons d’urine maternelle après l’accouchement et des échantillons chez les enfants à l’âge de trois ans. Elle a également mesuré la DAG des enfants à la naissance, à trois mois, à six mois et à trois ans. Des métabolites de huit plastifiants courants ont été détectés dans tous les échantillons et leur concentration a augmenté avec le temps. Dans la plupart des échantillons des mères et des enfants, l’exposition dépassait les seuils sanitaires internationaux actuellement recommandés.


« Nous avons été surpris de constater une exposition aussi élevée à plusieurs plastifiants qui ne font actuellement pas l’objet d’une réglementation stricte, explique l’auteure principale, la Dre Laura Lucaccioni, endocrinologue pédiatrique. C’est particulièrement préoccupant, car les seuils de sécurité relatifs aux effets antiandrogéniques ont été abaissés ces dernières années. Une exposition quotidienne prolongée pourrait représenter une menace sérieuse pour la santé de la prochaine génération. »


Les garçons et les filles pourraient être affectés différemment

L’étude a également constaté que l’exposition maternelle aux plastifiants affectait principalement les garçons, tandis que le développement sexuel des filles était plus susceptible d’être associé à leur propre exposition après la naissance. Cela suggère que les plastifiants pourraient agir sur le développement des garçons et des filles par des voies hormonales différentes.


La Dre Lucaccioni précise que l’échantillon était trop restreint pour tirer des conclusions définitives sur les différences entre les sexes. « Il est toutefois clair que les plastifiants sont des perturbateurs endocriniens qui affectent le développement sexuel de tous les enfants, et nos résultats le confirment. »


Prochaine étape : suivre les anomalies du développement sexuel jusqu’à la puberté

Les résultats ont été présentés lors de la réunion conjointe de la Société européenne d’endocrinologie pédiatrique (ESPE) et de la Société européenne d’endocrinologie (ESE), où ils ont suscité beaucoup d’intérêt. Selon la Dre Lucaccioni, l’équipe continuera à suivre les enfants pendant la période préscolaire et jusqu’à la puberté afin de déterminer si une exposition prolongée provoque des troubles endocriniens tels qu’une puberté précoce ou tardive.


« Nous mettons en place un système de suivi plus complet afin d’évaluer les effets à long terme des plastifiants sur le système hormonal des enfants avant et pendant la puberté. »


Une experte appelle à mieux sensibiliser le public aux substances chimiques présentes dans les produits du quotidien

La Dre Lucaccioni souligne que le public doit être attentif à la provenance des produits courants et appelle les pouvoirs publics à adopter rapidement des politiques de santé publique fortes afin de limiter les plastifiants à haut risque dans les produits destinés aux enfants :


« Les huit plastifiants analysés dans notre étude sont largement présents dans les produits du quotidien, notamment les jouets, le savon, le shampooing, les produits de soin de la peau et les cosmétiques. La prévention passe par un contrôle à la source, la mise en place de solutions de remplacement simples et pratiques et une meilleure sensibilisation des consommateurs aux risques. »


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Publié 2025-07-09
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