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À savoir | Des jumeaux en début de grossesse, puis un seul reste ? L’explication médicale
Connaissances | Grossesse gémellaire au départ, mais un seul fœtus par la suite ? L’explication médicale
Depuis le milieu du 20e siècle, les médecins observent un phénomène inhabituel : certains bébés apparemment nés d’une grossesse unique étaient initialement issus d’une grossesse gémellaire ou multiple. En début de grossesse, l’un des fœtus fait une fausse couche inaperçue et ses tissus sont absorbés par la mère ou le fœtus survivant. Ce phénomène est appelé en médecine syndrome du jumeau disparu (VTS).
L’imagerie médicale révèle la réalité de la « disparition »
Avant la généralisation de l’échographie, les médecins ne pouvaient détecter les traces d’un second fœtus qu’en examinant le placenta après l’accouchement. Aujourd’hui, une échographie précoce peut montrer deux sacs gestationnels, tandis qu’un examen ultérieur peut n’en montrer qu’un. Cette avancée technologique permet d’identifier rapidement un jumeau disparu.
Un phénomène plus fréquent qu’on ne le pense
Les études indiquent que le syndrome du jumeau disparu survient dans environ 36% des grossesses gémellaires et dans près de la moitié des grossesses multiples de rang supérieur.
Certains chercheurs estiment que ce phénomène pourrait être plus fréquent avec le recours croissant à la fécondation in vitro (FIV) et aux autres techniques d’assistance médicale à la procréation. Lors d’une FIV, les médecins transfèrent souvent plusieurs embryons, mais tous ne se développent pas jusqu’à terme.
Une autre analyse portant sur neuf études indépendantes a révélé de fortes variations des taux rapportés de syndrome du jumeau disparu, liées aux performances de l’échographie, au moment de l’examen et à l’exhaustivité des données. Sans échographie en début de grossesse, les médecins peuvent ne jamais savoir que la grossesse était initialement gémellaire.
Principales causes de la disparition d’un jumeau
Dans la plupart des cas, des anomalies chromosomiques fœtales sont la principale raison pour laquelle un embryon ou un fœtus cesse précocement de se développer. Ces anomalies sont généralement présentes dès la fécondation plutôt qu’apparues plus tard pendant la grossesse.
Les facteurs associés à un risque accru comprennent :
Un âge maternel supérieur à 30 ;
Le recours à la FIV ou à d’autres techniques d’assistance médicale à la procréation ;
Un développement anormal du placenta ;
Une infection intra-utérine, telle que la rubéole ;
Des facteurs génétiques.
Effets sur la mère
La plupart des femmes enceintes confrontées à la disparition d’un jumeau ne présentent aucun symptôme manifeste. Certaines peuvent ressentir de légères douleurs abdominales ou avoir de petits saignements, relativement fréquents en début de grossesse.
Lorsque cela survient au premier trimestre, aucun traitement supplémentaire n’est généralement nécessaire. Si le phénomène se produit au deuxième ou au troisième trimestre, la grossesse est considérée à haut risque et fait l’objet d’une surveillance renforcée.
Dans l’ensemble, la plupart de ces grossesses évoluent normalement. Les statistiques montrent toutefois une probabilité légèrement accrue de diabète gestationnel, d’accouchement prématuré, de déclenchement du travail ou d’insuffisance de liquide amniotique après un VTS.
Risques potentiels pour le fœtus survivant
Dans une grossesse gémellaire, le risque dépend du partage éventuel du placenta entre les fœtus. S’ils partagent le même placenta, le décès de l’un peut affecter l’apport sanguin de l’autre. Des échographies fréquentes permettent de surveiller la santé du fœtus survivant.
De premières recherches, notamment une étude de 1997, ont suggéré un risque possible de paralysie cérébrale chez le fœtus survivant, mais les études ultérieures ne l’ont pas confirmé. Globalement, le consensus médical est le suivant :
Si chaque fœtus possède son propre placenta et que la perte survient en début de grossesse, les effets sur le fœtus survivant sont généralement minimes ;
Si elle survient au deuxième ou au troisième trimestre, elle peut entraîner un retard de croissance fœtale, un faible poids de naissance, voire un risque accru de décès périnatal.
Effets psychologiques et émotionnels
La disparition d’un jumeau n’est pas seulement un événement médical ; elle peut aussi avoir un impact émotionnel. Pour certains parents, elle représente une fausse couche invisible susceptible de provoquer du chagrin, de la culpabilité ou de l’anxiété. Certaines recherches suggèrent même que les jumeaux survivants peuvent éprouver des réactions émotionnelles complexes lorsqu’ils apprennent plus tard qu’ils avaient autrefois un jumeau. Les médecins recommandent un accompagnement psychologique et du soutien si nécessaire.
Conseils d’experts
Bien que le syndrome du jumeau disparu puisse sembler alarmant, il n’affecte généralement pas l’issue de la grossesse. Les experts recommandent :
Une échographie en début de grossesse pour favoriser une détection précoce et une évaluation clinique ;
Le respect des recommandations médicales et un suivi prénatal régulier ;
La surveillance du bien-être émotionnel et le recours à un soutien professionnel si nécessaire.
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