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Actualités | Un questionnaire de cinq minutes dépiste l’endométriose et pourrait réduire de plusieurs années le retard diagnostique
Actualités | Un questionnaire de cinq minutes dépiste l’endométriose et pourrait réduire de plusieurs années le retard diagnostique
Des chercheurs de l’université du Queensland, en Australie, ont mis au point un outil de dépistage qui prend environ cinq minutes à remplir. Il vise à repérer plus tôt les personnes présentant un risque élevé d’endométriose et à accélérer leur orientation et les examens diagnostiques complémentaires.
Appelé score SAFE, pour Simplified Adolescent Factors for Endometriosis, cet outil repose sur un bref questionnaire destiné à identifier les adolescentes ou les jeunes femmes susceptibles d’être atteintes de la maladie. Il aide ainsi les professionnels de soins primaires à orienter plus rapidement les patientes à haut risque vers une évaluation spécialisée.
Selon les chercheurs, cet outil pourrait réduire considérablement les longs retards fréquemment observés dans le diagnostic de l’endométriose.
Le diagnostic prend souvent en moyenne de 6 à 8 ans
La professeure Gita Mishra, responsable de l’étude et directrice de l’Australian Women and Girls' Health Research Centre à l’université du Queensland, souligne que l’obtention d’un diagnostic d’endométriose est souvent un processus très long.
Elle explique : « Déterminer quelles patientes doivent être orientées et traitées a toujours été difficile, et l’amélioration du diagnostic est aujourd’hui une priorité importante de la recherche. »
La professeure Mishra indique qu’à l’heure actuelle, de nombreuses patientes attendent de 6 à 8 ans entre l’apparition des premiers symptômes et le diagnostic définitif.
Elle ajoute : « Si le risque de maladie peut être identifié plus tôt, idéalement dès les premières règles à l’adolescence, il serait possible de réduire considérablement le délai diagnostique et de commencer le traitement plus tôt. »
Six questions pour évaluer le risque
Le score SAFE repose sur un questionnaire de six questions qui évalue les symptômes et les facteurs de risque afin de déterminer si des examens complémentaires sont nécessaires.
Le questionnaire porte principalement sur les points suivants :
La présence fréquente de douleurs pelviennes
Une consultation médicale antérieure pour des douleurs pelviennes
La prise d’antalgiques pour soulager les douleurs pelviennes
Des règles abondantes
Des douleurs menstruelles intenses
Des antécédents familiaux d’endométriose
Le système calcule un score de risque à partir des réponses. Plus les facteurs de risque recensés sont nombreux, plus le score et la probabilité de maladie sont élevés.
Selon les chercheurs, ce système de notation peut aider les professionnels de soins primaires à mieux déterminer quelles patientes doivent être orientées vers une consultation spécialisée pour une évaluation complémentaire.
Une étude fondée sur les données de plus de 9,000 femmes
Le score SAFE a été élaboré à partir des données de l’Australian Longitudinal Study on Women's Health.
L’équipe a analysé les données de plus de 9,000 femmes, identifié les principaux facteurs de risque associés à l’endométriose, puis s’en est servie pour concevoir le questionnaire.
La professeure Mishra précise que, même si l’outil convient aux femmes de différents âges, l’équipe a spécialement conçu des questions adaptées aux adolescentes afin de repérer le plus tôt possible les cas potentiels.
Un diagnostic précoce est essentiel pour le traitement de l’infertilité
L’endométriose est une maladie chronique dans laquelle un tissu semblable à l’endomètre se développe en dehors de l’utérus. Elle peut provoquer de fortes douleurs et des troubles de la fertilité.
Il n’existe actuellement aucun traitement curatif. En Australie, cette maladie touche environ 11% des femmes en âge de procréer.
Les chercheurs soulignent que les symptômes peu spécifiques, le manque de sensibilisation du public, les erreurs diagnostiques et la banalisation sociale des douleurs menstruelles contribuent tous au retard du diagnostic.
Traditionnellement, le diagnostic définitif de l’endométriose exige également une intervention chirurgicale, bien que le corps médical s’efforce de développer le diagnostic par imagerie, notamment par échographie ou IRM, afin de réduire les procédures invasives.
Selon la professeure Mishra, de nombreuses femmes ne reçoivent leur diagnostic qu’au cours de la vingtaine, lorsqu’elles envisagent une grossesse.
Elle souligne : « Un diagnostic précoce est essentiel, car il peut modifier le parcours ultérieur de traitement de l’infertilité. »
Elle explique que l’induction classique de l’ovulation est souvent moins efficace chez les femmes atteintes d’endométriose, tandis que la fécondation in vitro (FIV) est généralement plus efficace.
Prochaine étape : la validation clinique
L’équipe prévoit d’évaluer plus avant le score SAFE en milieu clinique, notamment par des essais pratiques dans des cabinets de médecine générale, des consultations spécialisées en endométriose et des centres de prise en charge des douleurs pelviennes à Brisbane.
Les chercheurs envisagent également de développer une application mobile afin de faciliter l’utilisation de l’outil par les patientes et les professionnels de santé.
Dans le monde entier, mars est le mois de sensibilisation à l’endométriose. Symbolisé par la couleur jaune, il vise à mieux faire connaître et comprendre cette maladie.
Les chercheurs espèrent qu’un outil de dépistage plus simple et plus accessible permettra à davantage de femmes d’être diagnostiquées et traitées plus tôt, améliorant ainsi leur qualité de vie et réduisant les répercussions de la maladie sur leur santé reproductive.
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