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À savoir | Oligohydramnios : un risque méconnu pendant la grossesse
À savoir | Oligohydramnios : un risque méconnu pendant la grossesse
L’oligohydramnios correspond à un volume de liquide amniotique inférieur à la normale et peut gravement menacer le bébé à naître. Il concerne 4% des grossesses à terme, et jusqu’à 12% lorsque la grossesse se prolonge deux semaines après la date prévue d’accouchement.
Qu’est-ce que l’oligohydramnios ?
Le liquide amniotique constitue un milieu protecteur essentiel pendant la grossesse. Il permet au fœtus de bouger, favorise le développement normal de ses membres ainsi que celui de ses poumons, de son appareil digestif et de ses reins. Il commence à se former après environ 12 semaines de grossesse, puis augmente progressivement jusqu’à atteindre son maximum à 36 semaines. Son volume reste ensuite stable pendant un mois avant de diminuer progressivement. Le volume total normal est d’environ une demi-pinte à une pinte.
La gravité varie selon le stade de la grossesse. Certains cas sont légers, avec un niveau à peine inférieur à la normale, tandis que d’autres sont sévères et peuvent entraîner de graves complications.
Causes de l’oligohydramnios
Les causes sont diverses. Certaines sont isolées, tandis que d’autres sont associées à des affections congénitales ou génétiques. Dans environ 50% des cas, la cause est inconnue : on parle alors d’oligohydramnios idiopathique.
Après 14 semaines, le liquide amniotique est presque entièrement constitué d’urine fœtale ; toute affection qui réduit la production d’urine peut donc en diminuer le volume. Les causes fréquentes comprennent :
Grossesse prolongée : le liquide amniotique diminue normalement, mais cette baisse peut néanmoins poser problème.
Rupture prématurée des membranes : la rupture des membranes entraîne une fuite de liquide dans environ 37% des cas survenant au deuxième ou au troisième trimestre.
Décollement placentaire : le placenta se détache de la paroi utérine dans environ 8.6% des cas.
Malformations congénitales du fœtus : elles touchent souvent le développement des reins ou des voies urinaires.
Anomalies chromosomiques : environ 10% des cas survenant au deuxième trimestre impliquent des anomalies chromosomiques.
Syndrome transfuseur-transfusé : chez des jumeaux partageant un placenta, l’un a trop peu de liquide et l’autre en a trop.
Diabète et hypertension chez la mère : ces deux affections sont associées à un faible volume de liquide amniotique.
Diagnostic
L’oligohydramnios est généralement diagnostiqué par échographie. Lors du suivi prénatal habituel, l’échographiste peut constater un faible volume de liquide et effectuer des examens complémentaires. L’échographie utilise des ondes sonores pour mesurer le liquide et vérifier si les membranes sont rompues ou présentent une fuite.
Après ce premier constat, le médecin peut réaliser un examen pelvien pour déterminer si la poche des eaux est endommagée et rechercher la cause.
Symptômes
La plupart des femmes enceintes ne ressentent aucun symptôme, mais certains signes peuvent alerter le médecin :
Écoulement vaginal de liquide
Utérus plus petit que prévu pour l’âge gestationnel
Impression d’une diminution des mouvements fœtaux
Diminution marquée des mouvements par rapport au rythme habituel
Complications
La gravité dépend du moment d’apparition ; plus l’oligohydramnios survient tôt, plus les complications sont généralement graves. Lorsqu’il apparaît au deuxième trimestre, la survie fœtale n’est que de 10.2%, contre 85.3% au troisième trimestre.
Les complications possibles d’un oligohydramnios précoce comprennent :
Naissance prématurée
Fausse couche
Mort fœtale in utero
Troubles du développement des membres et du visage dus à une pression intra-utérine accrue
Infection après la rupture des membranes
Les complications au troisième trimestre peuvent comprendre :
Compression du cordon ombilical interrompant l’apport de nutriments au fœtus
Retard de croissance intra-utérin
Altération du développement pulmonaire du fœtus et troubles respiratoires
Risque accru d’accouchement par césarienne
Risque de naissance prématurée
Traitement
Le traitement dépend du volume de liquide et du stade de la grossesse. Les options comprennent :
Échographies fréquentes : surveillance régulière du volume de liquide et du développement fœtal.
Échographie spécialisée : l’échographie Doppler permet d’évaluer le placenta, notamment en cas de retard de croissance intra-utérin.
Hydratation : les recherches indiquent qu’une hydratation maternelle suffisante aide à maintenir un volume normal de liquide.
Prise en charge des affections maternelles : le diabète ou l’hypertension doivent être contrôlés.
Intervention fœtale : une obstruction des voies urinaires peut nécessiter une intervention.
Médicaments : ils peuvent contribuer à préparer les poumons du fœtus en cas de naissance prématurée.
Accouchement anticipé : il est parfois envisagé pour protéger la santé du bébé.
Prise en charge pendant l’accouchement
En cas d’oligohydramnios, il est recommandé d’accoucher dans un établissement médical afin que l’équipe puisse traiter rapidement toute complication pendant et après la naissance. La prise en charge est personnalisée et peut inclure la détermination préalable de la cause ou les soins fœtaux nécessaires pendant le travail.
Quand consulter
Contactez immédiatement un médecin ou une sage-femme en cas de :
Écoulement vaginal de liquide
Saignements vaginaux
Contractions utérines
Douleurs abdominales ou pelviennes
Diminution des mouvements fœtaux
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