Actualité | Une étude révèle un lien potentiel entre les antécédents traumatiques et l’endométriose



Actualité | Une étude révèle un lien potentiel entre les antécédents traumatiques et l’endométriose


Une nouvelle étude publiée dans JAMA Psychiatry suggère que les expériences traumatiques vécues pendant l’enfance ou à l’âge adulte, notamment les violences psychologiques, physiques et sexuelles, pourraient accroître le risque d’endométriose indépendamment de la prédisposition génétique.


L’endométriose touche des millions de femmes dans le monde. Un tissu semblable à la muqueuse utérine se développe hors de l’utérus, provoquant des douleurs intenses, une inflammation et des problèmes de fertilité. Bien qu’elle touche environ 10-15% des femmes en âge de procréer, sa cause exacte reste inconnue.


À partir de données observationnelles et génétiques, l’étude a cherché à déterminer si les antécédents traumatiques et la prédisposition génétique étaient associés au risque d’endométriose. Ces résultats pourraient modifier la compréhension et le dépistage de cette maladie chronique.


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Contexte

Des recherches antérieures ont établi un lien entre l’endométriose et des troubles de santé mentale, en particulier l’anxiété et la dépression. De récentes études génétiques suggèrent également que l’endométriose et les troubles psychiatriques pourraient partager certaines voies biologiques. Bien que les expériences défavorables au début de la vie soient bien documentées en lien avec les problèmes de santé chroniques, peu d’études ont directement examiné l’influence de différentes formes de traumatisme, comme les violences subies pendant l’enfance, les violences conjugales et le stress extrême, sur le risque d’endométriose.


Méthodes

L’étude a analysé les données de l’UK Biobank portant sur plus de 8,000 femmes atteintes d’endométriose et plus de 240,000 témoins. Des modèles statistiques ont évalué les associations entre les expériences traumatiques, notamment les violences subies pendant l’enfance, les agressions sexuelles et les crimes violents, et l’endométriose, en tenant compte de facteurs tels que l’âge, le statut socioéconomique et l’origine ethnique.


Pour explorer l’influence génétique, l’étude a également réalisé des analyses d’association pangénomique sur de vastes ensembles de données comprenant plus de 20,000 patientes d’ascendance européenne et près de 2,000 patientes d’ascendance est-asiatique. Elle a évalué les liens entre la prédisposition à des troubles associés aux traumatismes, comme le trouble de stress post-traumatique (TSPT), et l’endométriose.


Résultats

Les femmes atteintes d’endométriose étaient plus susceptibles que les femmes non atteintes de déclarer des événements traumatiques. Les traumatismes avec contact, en particulier les violences physiques et sexuelles, présentaient l’association la plus forte.


Les femmes ayant subi des violences pendant l’enfance ou des traumatismes interpersonnels présentaient une probabilité d’endométriose nettement supérieure à celle des femmes n’ayant pas vécu de telles expériences. Cette association restait significative après ajustement selon l’âge, le milieu socioéconomique et d’autres facteurs de confusion.


L’endométriose était particulièrement associée aux violences subies pendant l’enfance, aux violences conjugales et à une détresse émotionnelle sévère. Les femmes déclarant plusieurs événements traumatiques présentaient un risque accru, ce qui suggère que l’exposition cumulée aux traumatismes pourrait contribuer au développement de la maladie.


L’analyse génétique a également mis en évidence une nette corrélation entre l’endométriose et le TSPT, suggérant une base génétique commune. Les facteurs de prédisposition génétique liés au TSPT et aux violences subies pendant l’enfance recoupaient des gènes associés à la prédisposition à l’endométriose.


Limites et perspectives

Bien que les expériences traumatiques et la prédisposition génétique aient influé indépendamment sur le risque d’endométriose, aucune interaction directe n’a été observée entre elles. Ainsi, même si les femmes génétiquement prédisposées ayant subi un traumatisme peuvent présenter un risque accru, le traumatisme ne déclenche pas directement l’endométriose spécifiquement chez les personnes génétiquement prédisposées.


Les traumatismes autodéclarés peuvent être sujets à un biais de mémoire, et l’étude reposait principalement sur des données génétiques issues de populations européennes, ce qui peut limiter l’applicabilité des résultats à d’autres groupes. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour préciser les éventuels mécanismes biologiques communs.


Conclusion

Dans l’ensemble, l’étude apporte des éléments solides montrant que les expériences traumatiques et la prédisposition génétique contribuent toutes deux au risque d’endométriose. Bien que les mécanismes biologiques restent incertains, ces résultats soulignent l’importance de prendre en compte les antécédents psychologiques lors du dépistage et du diagnostic de l’endométriose.


De futures recherches devront déterminer si des interventions telles qu’un soutien en santé mentale ou une thérapie de réduction du stress peuvent atténuer les effets des traumatismes sur le développement de l’endométriose.


Source :

Collecté en ligne

Publié 2025-02-23
Cet article a été préparé avec l’aide de l’IA et relu par notre équipe éditoriale avant publication.
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