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Savoir | Que ressent-on dans l’utérus ? Le fœtus entend, ressent et goûte plus tôt qu’on ne le pense
Savoir | Que ressent-on dans l’utérus ? Le fœtus entend, ressent et goûte plus tôt qu’on ne le pense
Avant même la date prévue d’accouchement, Morgan Rapp jouait déjà avec bonheur avec son fils à naître, Jesse. Avec son épouse Rachel, ils posaient souvent à tour de rôle une main délicatement sur son ventre, appelaient Jesse par son prénom et répondaient à ses mouvements. À leur grande joie, Jesse réagissait souvent à leur toucher au bon endroit, comme s’il jouait à cache-cache à travers la paroi abdominale.
Après la naissance de Jesse, un événement émouvant s’est produit : il a semblé reconnaître immédiatement la voix de ses parents. Il tournait la tête lorsqu’ils parlaient et cessait même de pleurer dès qu’il les entendait.
« Cette confiance et ce lien se sont établis dès le tout premier instant », a déclaré Morgan.
Le fœtus n’évolue pas dans le silence : il découvre un monde sensoriel dans l’utérus
L’échographie et la médecine moderne montrent que l’utérus n’est pas une capsule silencieuse, mais un environnement sensoriel fait de sons, de goûts et de contacts.
Ouïe : à partir d’environ 20 semaines, le fœtus peut entendre la voix de sa mère, les battements de son cœur et les bruits de sa digestion. À 25 semaines, un bruit extérieur intense peut le faire sursauter au point d’uriner.
Toucher : le sens du toucher commence à se développer vers 9 semaines. Le fœtus touche son visage, son cordon ombilical et la paroi utérine. À huit mois, il manifeste déjà le réflexe instinctif de fouissement.
Goût et odorat : après quatre mois de grossesse, le fœtus peut percevoir dans le liquide amniotique les saveurs des aliments consommés par sa mère, notamment le sucré, l’amer, le piquant et l’ail.
Équilibre : les mouvements de la mère modifient la position du fœtus dans le liquide amniotique, stimulent le développement de l’oreille interne et contribuent à établir son futur sens de l’espace et de la sécurité.
Vue : bien que la vision continue de se développer après la naissance, le fœtus commence dès le septième mois à ouvrir et à bouger les yeux, ainsi qu’à réagir aux variations de lumière.
La musique prénatale est-elle efficace ? Les experts mettent en garde contre la tentation de faire du fœtus un projet
De nombreux produits musicaux prénataux sont apparus sur le marché, notamment des programmes d’« apprentissage fœtal » qui prétendent améliorer le développement cérébral, la coordination et l’intelligence, et donner à l’enfant une longueur d’avance.
Plusieurs experts affirment qu’aucune preuve scientifique concluante ne démontre que la musique prénatale améliore l’intelligence. William Fifer, psychologue du développement à l’Université Columbia, a indiqué :
« La nature a déjà déterminé l’intensité et le rythme des stimulations sensorielles dont le fœtus a besoin. Une intervention excessive risque au contraire de perturber ses rythmes physiologiques normaux. »
Placer un casque ou des haut-parleurs directement contre le ventre peut perturber les cycles de sommeil du fœtus et pourrait même affecter le développement normal du système nerveux.
Janet DiPietro, psychologue du développement à l’Université Johns Hopkins, a également déclaré :
« Le meilleur enrichissement prénatal consiste à ce que la mère se sente heureuse et détendue. Si vous aimez la musique classique, écoutez-en, mais pour vous-même, et non pour entraîner le bébé. »
Une stimulation précoce excessive peut être contre-productive ; c’est le lien parent-enfant qui compte
Certains produits commerciaux, tels que BabyPlus, prétendent accélérer la maturation cérébrale du fœtus grâce à des sons imitant les battements du cœur. DiPietro a remis en question cette volonté de créer des « superbébés », avertissant qu’elle pouvait donner aux parents des attentes irréalistes :
« Nous ne devons pas essayer de créer un enfant idéal. Nous devons attendre sa naissance, découvrir qui il est, puis lui apporter le soutien dont il a réellement besoin. »
Fifer a ajouté que l’élimination naturelle de cellules cérébrales fœtales est une étape nécessaire du développement du cerveau. Une stimulation artificielle excessive pourrait perturber ce processus d’élagage neuronal façonné par l’évolution et nuire à la structure normale du cerveau.
Parler et écouter la musique que vous aimez suffit : créer un lien prénatal peut être simple
Les experts recommandent généralement de ne pas recourir à du matériel coûteux ni à des routines complexes pour l’éveil prénatal. Ils conseillent plutôt de :
Parler au fœtus, lui chanter des chansons et lui lire des histoires ;
Se détendre, rester positive et conserver un rythme de vie régulier ;
Adopter une alimentation équilibrée et pratiquer une activité physique modérée ;
Encourager le père à participer lui aussi à la « conversation » et à tisser tôt un lien parent-enfant.
Les sons et les expériences sensorielles du quotidien constituent la première leçon que la nature offre au fœtus.
Points de vue d’experts
William Fifer (Université Columbia) : la nature offre le meilleur environnement prénatal ; toute stimulation supplémentaire est inutile.
Janet DiPietro (Université Johns Hopkins) : l’éveil prénatal doit privilégier le lien, et non l’entraînement.
Rene Van de Carr (fondateur de la « Prenatal University » de Californie) : la musique peut influencer le rythme respiratoire, mais les preuves d’effets à long terme font défaut.
Brent Logan (concepteur du système BabyPlus) : il préconise une stimulation imitant les battements du cœur pour exercer les rythmes neuronaux, mais cette approche n’est pas largement reconnue dans le monde universitaire.
Source :
Collecté en ligne