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Actualité | Quand les bonnes intentions blessent : les échecs de communication autour de l’infertilité
Actualité | Quand les bonnes intentions blessent : les échecs de communication autour de l’infertilité
Alors que la fertilité est de plus en plus abordée en public, l’infertilité reste entourée de silence et d’incompréhension. Dans une chronique récente, la journaliste britannique et présentatrice de Woman’s Hour sur BBC Radio 4, Nuala McGovern, s’est appuyée sur sa propre fausse couche et plusieurs échecs de fécondation in vitro (FIV) pour souligner un manque de communication efficace : lorsque les personnes ont le plus besoin d’être comprises, les mots aggravent souvent leur souffrance.
« C’est un sujet dont aucun de nous ne sait bien parler »
Selon McGovern, l’infertilité est difficile à aborder en partie parce que la société considère depuis longtemps la maternité comme une voie toute tracée. Lorsque cette attente ne se réalise pas, l’entourage est souvent mal à l’aise et comble le silence par des remarques déplacées.
Selon le National Health Service britannique (NHS), environ 1 couple sur 7 rencontre des problèmes de fertilité. Beaucoup de personnes sont donc confrontées à cette situation sans soutien adapté en matière de communication.
Les bonnes intentions ne garantissent pas une communication efficace
L’article décrit des erreurs de communication courantes dans des situations réelles. Évoquer soudainement la fausse couche d’une personne en public ou l’interroger sans cesse sur les détails de son traitement, par exemple « Combien de cycles de FIV avez-vous suivis ? », peut être vécu comme une intrusion ou une exploitation de ses émotions.
Des phrases courantes comme « Je suis sûre que vous allez réussir » se veulent encourageantes, mais peuvent minimiser la souffrance réelle. McGovern a indiqué qu’un simple « Je suis désolée » constituait une réponse complète et suffisante, sans qu’il soit nécessaire d’ajouter un jugement ou une prédiction.
Elle a aussi raconté qu’après un transfert embryonnaire, quelqu’un avait voulu lui rappeler de façon « réaliste » que les taux de réussite étaient limités. Même exacts sur le plan factuel, de tels propos peuvent accroître la détresse à un moment sensible.
Tension entre réalité médicale et besoins émotionnels
Selon la Human Fertilisation and Embryology Authority britannique (HFEA), le taux moyen de naissance vivante après transfert d’embryons frais est d’environ 25%, ce qui signifie que la plupart des tentatives n’aboutissent pas immédiatement.
McGovern a souligné qu’être sincère ne signifiait pas que toute vérité était bonne à dire à tout moment. Dans les périodes de forte charge émotionnelle, les personnes peuvent souhaiter de l’honnêteté tout en ayant besoin de tact et d’empathie.
Isolement accru : l’écart entre être un sujet de discussion et être compris
L’article aborde aussi une autre forme de préjudice plus subtile : la divulgation involontaire d’informations privées. Parler de l’expérience d’une personne sans son autorisation peut renforcer son isolement et rendre un parcours déjà difficile encore plus éprouvant.
À ses yeux, l’infertilité est à la fois un problème médical et une expérience émotionnelle très personnelle. Les réactions aux mêmes mots peuvent varier considérablement d’une personne à l’autre, ce qui complique encore la communication.
Mieux communiquer : moins juger, davantage écouter
À partir de son expérience, McGovern a dégagé des approches plus efficaces :
Limiter les paroles de réconfort creuses
Éviter les affirmations trop catégoriques
Choisir un moment approprié et un cadre privé
Écouter davantage au lieu de s’empresser de répondre
Faire preuve d’empathie plutôt que donner des conseils
Elle a mis en avant des amis qui lui avaient annoncé leur grossesse en reconnaissant d’abord que cette nouvelle pouvait faire naître des émotions complexes. Leur approche sobre et attentionnée avait eu davantage de sens.
Les mots d’une réceptionniste de clinique de fertilité — « À vous deux, vous formez déjà un tout » — comptaient parmi les plus réconfortants qu’elle ait entendus, montrant combien il est précieux de se sentir simplement reconnu.
De l’expérience personnelle à un enjeu public
McGovern espère qu’en parlant ouvertement de ces émotions complexes, elle favorisera une communication plus mûre. L’infertilité n’est pas rare, a-t-elle déclaré ; ce qui est rare, c’est la capacité à réagir de manière appropriée.
Alors que le sujet occupe une place croissante dans le débat public, l’équilibre entre les faits médicaux et le soutien émotionnel restera un enjeu important de la santé reproductive.
Source de l’article :
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