Actualités | Santé maternelle : bénéfices potentiels de l’analgésie péridurale



Actualités | Santé maternelle : bénéfices potentiels de l’analgésie péridurale


Une étude publiée dans The BMJ le 22 mai a montré que l’analgésie péridurale pendant le travail était associée à un risque nettement plus faible de morbidité maternelle sévère (MMS) dans les semaines suivant l’accouchement.


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Les médecins utilisent le terme MMS pour désigner des complications telles que l’infarctus du myocarde, l’insuffisance cardiaque, le sepsis et l’hystérectomie.

L’analgésie péridurale est recommandée aux femmes présentant des facteurs de risque connus de MMS, comme l’obésité, certaines maladies sous-jacentes ou une grossesse multiple. Ces femmes sont considérées comme ayant une indication médicale de péridurale pendant le travail. Les femmes qui accouchent prématurément présentent également un risque plus élevé de MMS.

Certaines études suggèrent que l’analgésie péridurale pendant le travail pourrait réduire le risque de MMS, mais les données disponibles étaient limitées.

Des chercheurs de l’Université de Glasgow et de l’Université de Bristol ont donc étudié l’effet de l’analgésie péridurale pendant le travail sur la MMS et cherché à déterminer si cet effet était plus marqué chez les femmes ayant une indication médicale ou accouchant prématurément.

L’étude s’est appuyée sur les données du National Health Service en Écosse et a inclus 567,216 femmes qui y ont accouché entre 2007 et 2019, par voie vaginale ou par césarienne non programmée. Leur âge moyen était de 29 ans et 93% étaient blanches.

Les dossiers médicaux ont permis de rechercher 21 affections relevant de la MMS selon la définition des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis, ou une admission en soins intensifs dans les 42 jours suivant l’accouchement.

L’analyse a pris en compte l’âge maternel, l’origine ethnique, le poids, les antécédents de tabagisme et médicaux, le lieu de naissance ainsi que l’âge gestationnel à l’accouchement.

Sur 567,216 femmes, 125,024 (22%) ont reçu une péridurale pendant le travail. Le taux de MMS était de 4.3 pour 1,000 naissances.

Le recours à la péridurale était globalement associé à une réduction relative du risque de MMS de 35%. Le risque était inférieur de 50% chez les femmes ayant une indication médicale et de 33% chez celles qui n’en avaient pas. Il était inférieur de 47% chez les femmes ayant accouché prématurément, tandis qu’aucune réduction n’a été observée chez celles ayant accouché à terme ou après terme.

Seules 19,061 des 77,439 femmes à haut risque (24.6%) ont reçu une péridurale.

Cette association pourrait notamment s’expliquer par une surveillance plus étroite de la mère et du bébé pendant le travail, une diminution de la réponse physiologique au stress et une intervention obstétricale plus rapide.

Le recours à la péridurale était relativement faible, surtout chez les femmes ayant une indication médicale. Cela peut refléter une connaissance limitée de ses bénéfices potentiels, car la décision de recevoir une péridurale appartient à la patiente.

Cette étude observationnelle ne permet pas d’établir un lien de causalité et les auteurs reconnaissent certaines limites susceptibles d’avoir influencé les résultats. La plupart des participantes étaient des femmes blanches ayant accouché en Écosse, ce qui peut limiter la généralisation à d’autres groupes ethniques ou systèmes de soins.

Il s’agissait néanmoins d’une étude de grande ampleur, bien conçue et représentative des pratiques obstétricales et anesthésiques actuelles. Des résultats similaires obtenus lors d’analyses complémentaires ont confirmé la robustesse des conclusions.

Les auteurs ont conclu que ces résultats confortent les recommandations actuelles en faveur de l’analgésie péridurale pendant le travail chez les femmes présentant des facteurs de risque connus, soulignent l’importance d’un accès équitable et montrent la nécessité d’aider les femmes de différents milieux à prendre une décision éclairée concernant l’analgésie pendant le travail.

Dans un éditorial associé, des chercheurs ont indiqué que l’analgésie péridurale pourrait être une option protectrice viable lors des grossesses à haut risque et que les décideurs devraient tenir compte de ce bénéfice potentiel dans leurs efforts pour améliorer la santé maternelle.

Ils ont souligné l’importance de comprendre le mécanisme à l’origine de cette association protectrice et de remédier aux inégalités de recours, notamment aux taux plus faibles dans les minorités ethniques et les populations défavorisées sur le plan socio-économique.

Ils ont conclu que ces résultats pourraient favoriser des initiatives visant à améliorer l’accès équitable à l’analgésie péridurale pendant le travail, avec à la clé une réduction potentielle de la MMS et de meilleurs résultats maternels dans les différents groupes socio-économiques et ethniques.


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Recueilli en ligne

Publié 2024-06-07
Cet article a été préparé avec l’aide de l’IA et relu par notre équipe éditoriale avant publication.
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