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Actualités | Alimentation à horaires restreints : perte de poids sans modification des taux d’hormones sexuelles
Actualités | Alimentation à horaires restreints : perte de poids sans modification des taux d’hormones sexuelles
Alimentation à horaires restreints : perte de poids sans modification des taux d’hormones sexuelles
Une étude récente publiée dans l’European Journal of Clinical Nutrition a évalué les effets de l’alimentation à horaires restreints (TRE) et de la restriction calorique (CR) sur les hormones sexuelles.
Contexte
L’alimentation à horaires restreints (TRE) est une méthode de perte de poids qui limite la prise alimentaire à une plage de 4 à 10 heures, suivie d’un jeûne pendant lequel seules les boissons sans calories sont autorisées. Malgré ses bienfaits potentiels pour la santé, ses effets sur les hormones sexuelles suscitent des inquiétudes. Certaines études suggèrent que la TRE pourrait avoir un effet négatif sur les œstrogènes, provoquant des cycles menstruels irréguliers et des problèmes de fertilité. D’autres indiquent qu’elle pourrait réduire la testostérone, la masse musculaire et la libido chez les hommes. Les données restent limitées, et les études antérieures portaient sur de petits échantillons, ne comportaient pas de groupe témoin, étaient de courte durée et n’évaluaient pas les effets au-delà de deux mois.
Présentation de l’étude
Les chercheurs ont comparé pendant 12 mois les effets de la TRE et de la CR sur les hormones reproductives chez les hommes ainsi que chez les femmes préménopausées et ménopausées. Il s’agissait d’une analyse secondaire d’un essai publié comparant les effets de la CR et de la TRE sur les facteurs de risque métabolique et le poids corporel. Les participants étaient âgés de 18 à 65 ans et avaient un indice de masse corporelle compris entre 30 et 50 kg/m².
L’étude excluait les personnes qui fumaient, les femmes enceintes, les personnes diabétiques, les travailleurs de nuit, les femmes en périménopause, les personnes utilisant un dispositif intra-utérin ou un traitement hormonal substitutif, ainsi que celles dont le poids avait été instable au cours des trois mois précédents. Les participants ont été répartis au hasard entre les groupes CR, TRE et témoin. L’essai comprenait une phase de perte de poids de six mois et une phase de maintien de six mois.
Pendant la phase de perte de poids, le groupe TRE mangeait librement entre 12 (midi) et 8 (soir), puis jeûnait jusqu’à midi le lendemain en ne consommant que des boissons sans calories. Pendant la phase de maintien, la plage alimentaire était prolongée entre 10 (matin) et 8 (soir) Le groupe CR réduisait son apport énergétique quotidien de 25% pendant six mois, puis consommait pendant six mois la quantité correspondant à ses besoins énergétiques calculés. Le groupe témoin conservait ses habitudes d’exercice et d’alimentation ainsi que son poids.
Des prélèvements sanguins à jeun ont permis de mesurer les taux circulants de testostérone totale, de déhydroépiandrostérone (DHEA), de progestérone, d’estrone, d’estradiol et de globuline liant les hormones sexuelles (SHBG). Les variations entre les groupes ont été comparées par analyse de covariance, et les associations entre hormones sexuelles et poids ont été évaluées à l’aide des coefficients de corrélation de Spearman ou de Pearson.
Résultats
Parmi les 126 personnes évaluées, 30 ont été réparties au hasard dans les groupes de l’étude. Au total, 77 participants ont terminé les 12 mois, et l’analyse a porté sur 73 participants disposant d’un nombre suffisant d’échantillons sanguins. Il s’agissait de 10 hommes, 44 femmes préménopausées et 19 femmes ménopausées, dont les âges moyens étaient respectivement de 42, 39 et 56 ans. Après 12 mois, le poids avait diminué de manière significative dans les groupes TRE et CR par rapport au groupe témoin, sans différence entre la TRE et la CR. La SHBG, la DHEA et la testostérone totale n’ont varié ni au fil du temps ni entre les groupes, chez les femmes comme chez les hommes. La progestérone, l’estradiol et l’estrone n’ont pas varié chez les femmes ménopausées dans les deux groupes d’intervention. La perte de poids n’était pas associée à des variations des hormones sexuelles.
Conclusion
Globalement, la TRE a permis une réduction significative du poids sur 12 mois, mais n’a pas modifié les hormones sexuelles chez les femmes ou les hommes obèses par rapport à la CR ou au groupe témoin. Des variations hormonales peuvent survenir pendant les premiers mois d’une intervention, puis revenir vers les valeurs initiales à mesure que le poids se stabilise. D’autres recherches sont nécessaires pour confirmer ces résultats.
Source :
Recueilli en ligne