Actualités | L'alimentation avant la conception influe sur la fertilité : les aliments ultratransformés ont des effets différents selon le sexe



Actualités | L'alimentation avant la conception influe sur la fertilité : les aliments ultratransformés ont des effets différents selon le sexe


Une étude publiée dans Human Reproduction révèle que l'alimentation autour de la conception, en particulier la consommation d'aliments ultratransformés (AUT), peut agir par des voies différentes sur la fertilité masculine et le développement embryonnaire précoce. Ces résultats soulignent davantage l'importance de la période préconceptionnelle pour la santé reproductive.


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L'étude a mis en évidence de nettes différences selon le sexe dans l'association entre la consommation d'AUT et les résultats reproductifs : chez les hommes, une consommation plus élevée était associée à une moindre fécondabilité et à un risque accru d'infertilité, tandis que chez les femmes, elle était liée à de légères modifications du développement embryonnaire très précoce, particulièrement à 7 semaines de grossesse.


À partir de la cohorte prospective Generation R Next Study, les chercheurs ont inclus 831 femmes et 651 partenaires masculins et analysé systématiquement les effets de l'alimentation périconceptionnelle sur le délai de conception, la fécondabilité et les marqueurs du développement embryonnaire précoce. Les données alimentaires ont été recueillies au début de la grossesse, vers 12 semaines, à l'aide d'un questionnaire de fréquence alimentaire, et la part d'AUT consommée a été déterminée selon le système de classification NOVA.


La consommation médiane d'AUT était de 22% chez les femmes, soit environ 563 g/jour, et de 25% chez les hommes, soit environ 643 g/jour. La corrélation alimentaire entre partenaires était faible et seuls 57% des couples présentaient une différence nette de consommation, ce qui suggère que le comportement alimentaire de chacun peut influer indépendamment sur la santé reproductive.


Chez les femmes, aucune association significative n'a été observée entre la consommation d'AUT et la fécondabilité. Seules certaines plages de consommation étaient associées à un risque accru d'infertilité, sans relation dose-effet claire. En revanche, pour le développement embryonnaire, la consommation d'AUT était associée à une longueur cranio-caudale (LCC) et à un volume de la vésicule vitelline plus faibles à 7 semaines, cet effet s'atténuant progressivement à 9 et 11 semaines.


La vésicule vitelline est une structure essentielle qui nourrit l'embryon avant le développement du placenta. Un développement anormal de cette structure a été associé à des risques accrus de fausse couche et de naissance prématurée. Même de faibles variations peuvent donc être importantes à l'échelle de la population.


En revanche, l'effet de la consommation masculine d'AUT concernait surtout la capacité à concevoir. Chaque augmentation d'un écart-type de la consommation d'AUT était associée à une baisse d'environ 10% de la fécondabilité, et le risque d'infertilité augmentait globalement, bien qu'aucune association constante n'ait été observée avec les marqueurs du développement embryonnaire.


L'équipe de recherche a proposé plusieurs mécanismes possibles. Les AUT ont généralement une faible densité nutritionnelle et peuvent provoquer un stress oxydatif, un dysfonctionnement mitochondrial et des changements hormonaux qui altèrent la mobilité des spermatozoïdes. Les perturbateurs endocriniens fréquemment présents dans les emballages alimentaires, tels que les phtalates, pourraient en outre altérer la fonction reproductive masculine et modifier l'expression de gènes liés à la fonction de la vésicule vitelline.


Les effets sur la santé varient également selon le type d'AUT. Les boissons édulcorées artificiellement et les viandes transformées ont été plus régulièrement associées à des effets défavorables sur la santé, contrairement aux pains et produits céréaliers transformés. Dans cette étude, les produits de boulangerie constituaient une source majeure d'AUT.


Ces associations persistaient après ajustement pour les facteurs de confusion, notamment l'indice de masse corporelle (IMC), le tabagisme, la consommation d'alcool, la supplémentation en acide folique et les facteurs socioéconomiques, ce qui suggère que les habitudes alimentaires elles-mêmes peuvent avoir un effet indépendant.


Sur les plans clinique et de la santé publique, ces résultats indiquent que la prise en charge de la santé reproductive devrait évoluer du modèle traditionnel centré sur la femme vers des interventions conjointes auprès des deux partenaires, dès avant la grossesse.


L'étude comportait aussi des limites. Les participants étaient principalement en bonne santé, l'alimentation a été évaluée au début de la grossesse et seuls des couples ayant conçu ont été inclus, ce qui peut créer un biais de sélection. Cette étude observationnelle ne permet pas d'établir un lien de causalité ; des essais contrôlés randomisés et des études de plus grande ampleur restent nécessaires.


Néanmoins, l'étude apporte des indices importants sur la manière dont l'alimentation peut agir dès les tout premiers stades de la vie et met en lumière une possibilité sous-estimée : les résultats reproductifs pourraient être en partie déterminés avant la conception.


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Compilation de sources en ligne

Publié 2026-03-31
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